The following article was published in the January 2026 issue of the International Review of Contemporary Law, the journal of the IADL, focusing on the 80th anniversary of the UN Charter. The English translation is available here.
« Nous savons très bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens » – Nelson Mandela
Pour la paix par le Droit/ Contre La Paix par la force
80 ans après la grande victoire sur le nazisme qui a voulu dominer le monde et la proclamation de la Chartes des « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre… », l’horloge de l’apocalypse affiche depuis le 26 Janvier 2026, 85 secondes avant minuit selon un communiqué de presse ci-après.
Alfred Einstein, homme de paix, doit se retourner dans sa tombe.
« 27 janvier 2026 – L’Horloge de l’Apocalypse a été réglée à 85 secondes avant minuit, la période la plus proche de minuit de son histoire. Le Bulletin of the Atomic Scientists and Security Board (SASB), qui fixe l’horloge, a appelé à une action urgente pour limiter les arsenaux nucléaires, établir des directives internationales sur l’utilisation de l’IA et former des accords multilatéraux pour faire face aux menaces biologiques mondiales. »
L’appel du communiqué à une action urgente est pleinement justifié.
S’agissant des arsenaux nucléaires, il est important de rappeler qu’après le retrait des Etats Unis du Traité ABM (Anti-Ballistic Missile) en 2002 ; du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire FNI en français en 2019 et du traité Ciel ouvert en 2020, le traité New START (Treaty between the United States of America and the Russian Federation on Measures for the Further Reduction and Limitation of Strategic Offensive Arms) est le dernier des accords de contrôle et de limitation des arsenaux nucléaires liant les États-Unis et la Russie. A défaut de l’acceptation des Etats Unis de sa prorogation comme l’a proposé la Russie en septembre dernier, il expirera le 5 février 2026.
L’expiration de ce traité affectera négativement la mise en œuvre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui vise à réduire le risque de la propagation de l’arme nucléaire à travers le monde.
Le “Board of Peace” (le Conseil d’administration de la paix) budget supérieure de ce de l’ONU, qui a été lancé et sa charte signée le 22 janvier 2026, dont son Président Trump n’a de limites que sa propre moralité et son propre esprit (cf. le New York times du 8 janvier), comme le « rules based order » (Ordre basé sur des règles) au service de l’OTAN qui s’est distingué par ses « deux poids, deux mesures » n’ont pas pu faire reculer les aiguilles de l’horloge d’une seconde ?
Tous les deux visent à imposer la paix par la force hégémonique, militaire et économique et sont incompatibles avec la sécurité collective au sens de la Charte des Nations Unies.
Il est encore temps pour les tenants de la paix par la force mettant les peuples du monde 85 secondes avant une troisième guerre mondiale nucléaire de revenir à la paix par le droit et de se mettre en règle avec le droit international basé sur la Charte des Nations Unies. Ils auront peut-être un Prix Nobel de la Paix ou peut être une amnistie.
En ces temps de grandes menaces, de guerre d’agression, d’occupations, de partition, de nettoyage ethnique, de génocide, de misère, de cessez-le-feu précaires de déclin du capitalisme et de son empire et de bouleversement de monde, il est urgent comme le disait Monique et Roland Weyl, de « Sortir le droit international du placard ».
Mais en ces temps où le sud global défend la Charte des Nations Unies ;
En ces temps où une majorité écrasante de l’assemblée générale des nations Unies vote pour un Etat palestinien.
En ces temps où l’opinion publique mondiale est unie comme une seule femme ou un seul homme dans sa solidarité avec le peuple palestinien sur son long chemin vers la liberté, nous ne pouvons que citer Mandela.
« Nous savons très bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens »
Nous pouvons dire avec lui et transposer aujourd’hui, après les dégâts de la période unipolaire qui s’achève, que nous savons très bien que notre liberté est incomplète sans la liberté de tous les peuples et nationalités opprimés (Palestiniens, ainsi que Syriens, Yéménites, Libanais, Kurdes, Iraniens, Libyens, Afghans, Vénézuéliens, Cubains, Colombiens, Groenlandais, etc…
Notre liberté n’est pas complète sans la liberté des immigrés opprimés et des réfugiés du monde entier.
Notre liberté n’est pas complète lorsque Renee Good et Alex Pretti perdent la vie sous les balles de l’ICE à Minneapolis ou lorsque Georges Floyd n’a plus pu respirer sous le genou d’un policier qui « semble » avoir un cœur de glace.
Vive les combats pour défendre et appliquer pleinement le droit international fondé sur la Charte des Nations Unies et la Charte des droits de l’homme, qui ont tous deux consacré le droit des peuples à disposer d’eux.
Nous remercions tous ceux qui ont célébré avec l’AIJD et sa Revue le 80ème anniversaire de la Charte des Nations Unies à travers leurs contributions.
Pour des raisons techniques les contributions relatives à la Conférence Internationale de Nice ferons l’objet d’une deuxième parution et seront relus prête à la publication fin février.
Professeur Robert Charvin
Walid Okais
30 janvier 2026
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